Actuaire : un métier méconnu, et pourtant…

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Actuaire : un profil de plus en plus sollicité par les banques, les compagnies de retraite ou les cabinets d’audit. Cet expert en maths a fait ses preuves dans les compagnies d’assurance, notamment dans la prévision des risques et l’établissement de contrats. En fonction de ses attributions, il peut soit travailler de manière autonome, soit au sein d’une équipe. Dans les deux cas, il apporte une plus-value significative à l’entreprise.

Étymologie et historique du mot actuaire

Le mot actuaire vient du latin actuarius, titre attribué à un fonctionnaire chargé de la tenue des livres comptables dans la Rome antique. Il désigne de nos jours un expert également connu sous l’appellation chargé d’études actuarielles. Sa spécialité est l’application des disciplines de la statistique et des probabilités dans trois domaines, à savoir l’assurance, la finance et la prévoyance sociale.

Actuaire, un métier faisant appel aux statistiques
Actuaire, un métier faisant appel aux statistiques

L’apparition du métier d’actuaire est à situer au cours du XVIIIe siècle. Cette époque est alors associée aux grandes avancées en termes de concept d’espérance de vie. Elles sont notamment à mettre sur le compte des Tables de mortalité publiées par d’illustres mathématiciens comme Antoine Deparcieux, Pehr Wilhelm Wargentin ou Daniel Bernoulli.

À ce dernier est d’ailleurs attribuée l’hypothèse selon laquelle une campagne de vaccination contre la variole permettrait de rehausser l’espérance de vie globale de 3 ans…

Focus sur les attributions d’un actuaire

Les missions d’un actuaire se déclinent en trois points. Le premier consiste à rédiger des contrats d’assurance ou à modifier ceux déjà existants. Cette mission inclut aussi une analyse approfondie des résultats d’exploitation de l’organisme assureur. Un suivi des réserves financières est aussi de mise. En travaillant pour une banque, ce professionnel peut aussi analyser les risques encourus, en se référant à la solvabilité des emprunteurs.

Le second point concerne l’étude des risques, en vue d’établir une grille tarifaire. L’actuaire peut alors être amené à faire des simulations en se basant sur la fréquence, la probabilité et le coût des risques. Il se réfère plutôt aux tables de mortalité pour dresser un contrat d’assurance vie. De savants calculs qui relèvent de ce qu’on pourrait appeler une métaphysique de l’assurance.

Le dernier point correspond à des services d’accompagnement. Ceux-ci se matérialisent surtout par des conseils et des assistances techniques, à l’endroit des commerciaux qui font de la prospection.

Étude et gestion des risques font partie des attributions d'un actuaire
Étude et gestion des risques

Les moyens mis en œuvre

Pour mener à bien ses missions, l’actuaire recourt à toute une palette d’outils et de techniques. Parmi ceux-ci figurent des théories de probabilité et de statistique. Elles permettent effectivement de prévoir avec un certain niveau de précision des évènements à venir. Ainsi sont par exemple définies l’espérance de vie globale, la fréquence des sinistres, ainsi que l’étendue des pertes financières encourues.

Des outils informatiques sont aussi indispensables à certaines tâches. L’établissement de certaines hypothèses appelle souvent à utiliser des logiciels très complexes. Cet outil permet également de faire des simulations de scénarios catastrophe.

Lieux d’exercice

L’actuaire se retrouve surtout au sein d’une compagnie d’assurance située en Île-de-France. Très souvent, il est aussi en déplacement dans d’autres régions dans le cadre de ses services de conseil. À cette occasion, il s’entretient avec des chargés de distribution d’offres d’assurance.

Ces derniers temps, de plus en plus de banques et d’autres établissements financiers sollicitent aussi l’actuaire. La commercialisation de titres relève effectivement de la compétence de ce professionnel. Par ailleurs, de grands groupes nord-américains recrutent aussi des actuaires. Ces derniers étant les mieux indiqués pour concevoir des programmes de maîtrise des risques.

Enfin, il n’est pas non plus rare de retrouver des actuaires dans d’autres établissements comme des compagnies assurance retraite, des cabinets d’audit, des cabinets d’actuaires-conseils…

Le métier d'actuaire, sollicité par les assurances
Le métier d’actuaire, sollicité par les assurances

Interlocuteurs

Un actuaire peut également être amené à travailler en équipe. Il se trouve parfois à la tête d’un petit groupe de chargés d’études. Un établissement financier l’amène aussi à composer avec des juristes, les responsables du marketing, des commerciaux…

Profil requis pour le métier d’actuaire

Pour aspirer au métier d’actuaire, mieux vaut répondre aux trois critères suivants :

Doué en maths

Véritable passionné de chiffres, un actuaire justifie de solides connaissances dans quatre disciplines, à savoir les probabilités, les mathématiques, les statistiques et la finance. Il maîtrise également les bases d’autres domaines similaires comme la gestion, la fiscalité des assurances, l’économie…

Son métier l’amenant à faire tout un lot simulations, les programmes informatiques ne doivent avoir aucun secret pour lui.

L'actuaire est un crack en maths
L’actuaire est un crack en maths

Méthodique et organisé

L’actuaire procède souvent à recueillir une grande quantité d’informations. Il doit par la suite organiser les données afin de donner de bonnes interprétations aux chiffres. L’ensemble de cette opération appelle aussi à un esprit de synthèse.

Expert en communication

Très souvent, cet expert se trouve à la tête d’une équipe. Son sens de la communication et de la négociation est alors de mise. La dimension internationale de son métier l’appelle aussi à pratiquer et à maîtriser l’anglais.

L’Institut des actuaires

Adhèrent du Groupe consultatif actuariel européen et de l’Association actuarielle internationale, l’Institut des actuaires a pour vocation première de représenter la profession en France. Cette mission porte sur trois points essentiels :

  • Amélioration de la notoriété du métier, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale
  • Sensibilisation en continu de ses membres à l’importance des normes et de la déontologie professionnelle
  • Pérennisation du métier en incitant à un exercice de qualité

La responsabilité de l’Institut des actuaires reste cependant évolutive. Son extension s’explique souvent par le décuplement des risques, ainsi que par l’évolution des textes prudentiels. L’Institut ne perd ainsi pas de vue que l’actuaire constitue le point névralgique du développement économique de la société.

Actuaire, Un métier faisant intervenir calculs et probabilités
Un métier faisant intervenir calculs et probabilités

Par ailleurs, 7 établissements d’études supérieures, dont 2 universités, 2 écoles supérieures et 3 instituts supérieurs sont reconnus par l’Institut des actuaires, en termes de formations pour l’exercice du métier. Il s’agit de :

  • Université Paris-Dauphine
  • Université de Strasbourg 1
  • Essec (École supérieure des sciences économiques et commerciales)
  • Isfa (Institut de science financière et d’assurances) de Lyon 1
  • Euria (Euro-Institut d’actuariat) de Brest
  • Isup (Institut de statistiques) de Paris 6
  • Ensae (École nationale de la statistique et de l’administration économique)

L’Isup et l’Ensae entretiennent d’ailleurs un partenariat pour proposer une filière actuariat-assurance.

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